Spécialement depuis 20 années, un concept qu’on dénomme "la terreur islamique" occupe l’agenda du monde occidental. Les attaques terroristes qui furent organisées contre les deux grandes villes des États-Unis d'Amérique le 11 septembre 2001, et qui ont causé la mort de milliers de gens innocents, ont porté ce concept dans l’agenda du monde encore une fois.

En tant que Musulmans, nous condamnons fortement ces attaques terroristes et nous présentons nos condoléances au peuple américain. Cet article confirme que la source de cette terreur que nous condamnons n'est certainement pas l’Islam.

Comme chacun le sait, depuis des siècles, divers actes de terrorisme sont perpétrés dans les différentes parties du monde par divers groupes pour différentes raisons. Parfois une organisation communiste qui hait les valeurs américaines ou un groupe fasciste qui proteste contre l’administration fédérale.

Néanmoins, même si les terroristes sont des Musulmans, leurs actes ne peuvent être qualifiés de "terreur islamique", pas plus qu'on ne qualifierait de "terreur juive" un acte terroriste perpétré par un criminel juif ni de "terreur chrétienne" s'il était par un Chrétien. Le meurtre d'innocents au nom de la religion est inacceptable. Sans le pardon d’Allah, le meurtre est un grand péché qui conduit au supplice en enfer. Une personne qui croit en religion et qui craint Allah, ne peut jamais faire une telle chose.

Les agresseurs usant d'une telle violence ne peuvent qu'avoir l'intention d'attaquer la religion elle-même. Il est possible qu'ils aient perpétré cet acte cruel pour discréditer la religion aux yeux des gens, pour faire dévier les gens de la religion et susciter la haine et la réaction contre les pieux.

Par conséquent, chaque attaque faite au nom "de la religion" contre des innocents est en réalité une attaque contre la religion.

La religion ordonne l'affection, la miséricorde et la paix. La terreur est l'opposée de la religion ; elle est cruelle, impitoyable, et implique le carnage et la misère. Cela étant, si l'on enquête sur ces criminels, on s'aperçoit que les origines du terrorisme doivent être cherchées plutôt dans l'incroyance que dans la religion. Les gens qui ont une vision fasciste, communiste, raciste ou matérialiste de la vie doivent être soupçonnés de criminels potentiels. Peu importe l'identité d'un terroriste, s'il peut tuer des gens innocents sans cligner de l'œil, il ne peut être un croyant. Il est un meurtrier qui ne craint pas Allah et dont l'ambition principale est de verser le sang et faire du mal.

Pour cette raison, "la terreur islamique", "la terreur juive", "la terreur chrétienne" sont des concepts tout à fait faux. Ni l'Islam, ni d'autres religions ne peuvent en aucun cas agréer la terreur. "La terreur" (c'est-à-dire les meurtres commis contre des innocents) est un grand péché selon l'Islam, et il est du devoir des musulmans d'empêcher ces actes et d'apporter la paix et la justice au monde.

 

Le commandement de guerre dans le Coran

Selon le Coran, la guerre constitue une "obligation non désirée" qui doit être menée dans le respect des valeurs morales et humaines, et à laquelle il ne faut recourir qu'en dernière instance. Dans un verset, Allah rapporte que ceux qui commencent les guerres qu'Il désapprouve, sont les incroyants :

… Toutes les fois qu'ils allument un feu pour la guerre, Allah l'éteint. Et ils s'efforcent de semer le désordre sur la terre, alors qu’Allah n'aime pas les semeurs de désordre. (Sourate al-Maidah, 64)

Un examen attentif de la vie du Prophète Muhammad (pbsl) montre que la guerre est un moyen de défense employé seulement dans des situations inéluctables.

Le Coran fut révélé à notre Prophète (pbsl) durant une période de 23 années. Pendant les 13 premières années de cette période, les Musulmans, alors minoritaires, ont vécu à la Mecque sous une autorité païenne. Ils firent face à de nombreuses oppressions. Nombre d'entre eux furent harcelés, maltraités, torturés, et même assassinés, leurs maisons et leurs biens pillés. En dépit de cela, les Musulmans ont mené leur vie sans recourir à la violence et ont toujours appelé les païens à la paix.

Quand l'oppression devint insupportable, les Musulmans ont dû émigrer à Yathrib, rebaptisée plus tard Médine, où ils purent établir dans un environnement plus paisible et libre, leur propre ordre. L'établissement de leur propre système ne les a d'ailleurs jamais incités à prendre les armes contre les païens agressifs de la Mecque. C'est seulement après la révélation suivante que le Prophète (pbsl) a commandé à son peuple de se préparer à la guerre :

Autorisation (de se défendre) est donnée à ceux qui sont attaqués - parce que vraiment ils sont lésés; et Allah est certes capable de les secourir. Ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, sans aucune juste raison, simplement parce qu'ils disaient: "Allah est notre Seigneur." (Sourate al-Hajj, 39-40)

Ainsi, il a été permis aux Musulmans de faire la guerre seulement parce qu'ils étaient opprimés et soumis à la violence. Autrement dit, Allah a accordé la permission de faire la guerre uniquement à des fins défensives. Dans d'autres versets, les Musulmans sont mis en garde contre le recours inutile à la provocation ou à la violence :

Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent et ne transgressez pas. Certes. Allah n'aime pas les agresseurs ! (Sourate al-Baqarah, 190)

Après les révélations de ces versets, des guerres ont eu lieu entre les Musulmans et les Arabes païens. Jamais, cependant, les Musulmans ne provoquèrent eux-mêmes ces conflits. Notons que notre Prophète (pbsl) a établi un environnement social paisible pour les Musulmans en signant un accord de paix (la trêve de Houdaybiya) avec les païens dont il accepta la plupart des requêtes. Pourtant, les païens violèrent l'accord, provoquant ainsi une nouvelle guerre. En raison de l’augmentation rapide du nombre des Musulmans, l’armée islamique a atteint une telle force que (devint aussi puissante que) les Arabes païens n'ont pas pu résister, et notre Prophète (pbsl) a progressé sur la Mecque avec cette force puissante et dûment s'emparer de lui.

S'il avait voulu, notre Prophète (pbsl) aurait pu se venger des leaders païens de la Mecque. Il n'en fit cependant rien. Il ne leur fit aucun mal, leur pardonna et les traita avec grande tolérance. Les païens, qui se convertiront plus tard à l'Islam par leur propre volonté, ne purent qu'admirer le caractère noble du Prophète (pbsl).

Les principes islamiques proclamés par Allah dans le Coran expliquent cette politique paisible et empreinte de tempérance du Prophète Muhammad (pbsl). Dans le Coran, Allah commande aux croyants de traiter d'une manière juste et amène même ceux qui ne sont pas Musulmans:

Allah ne vous défend pas d'être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime ceux qui sont justes. Allah vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui vous ont combattus à cause de la religion, qui vous ont chassés de vos demeures et ont aidé à votre expulsion. Et ceux qui les prennent pour alliés sont les injustes. (Sourate al-Mumtahanah 8-9)

Les versets ci-dessus indiquent l'attitude d'un Musulman à l'égard des non-Musulmans. Il doit traiter tous les non-Musulmans gentiment et s'abstenir de se lier d'amitié avec seulement ceux qui font preuve d'hostilité contre l'Islam. Au cas où il y aurait des attaques violentes menaçant l'existence des Musulmans, à savoir une guerre contre eux, alors les Musulmans doivent répondre avec justice en considérant les dimensions humaines de la situation.

Le sens du concept de "djihad" dans le Coran :

Le concept de "djihad" mérite d'être clarifié. La signification exacte de "djihad" est "l'effort". Autrement dit, en Islam, "accomplir le djihad" veut dire "faire des efforts, lutter". Notre Prophète (pbsl) a expliqué que le plus grand djihad est celui "qu'une personne mène contre elle-même". Ce que l'on entend ici par "elle-même" ce sont les désirs et les ambitions égoïstes de chacun.

Lutter intellectuellement contre ceux qui oppriment les gens, qui les traitent injustement, qui les soumettent à des tortures et des cruautés et violent les droits de l'homme constitue également une forme de djihad, au sens fort du terme selon le point de vue coranique. Le but de cette lutte est d'apporter la justice, la paix et l'égalité.

Hormis ses significations idéologiques et spirituelles, la lutte dans le sens technique - la lutte armée - est également considérée comme un "djihad". Cependant, comme nous l'avons vu plus haut, cette lutte ne doit être menée qu'à des fins défensives. L'utilisation du concept de "djihad" pour des actes d'agression contre des innocents, en somme la terreur, est une grande déformation et une injustice.

Pour résumer ce que nous avons expliqué jusqu'ici, nous pouvons dire que la "doctrine politique islamique" (c'est-à-dire, les principes et les décrets islamiques sur des questions politiques) est très pacifique et modérée. Nombre d'historiens et de théologiens non-Musulmans le confirment. L'historienne britannique Karen Armstrong, ancienne nonne et célèbre experte en histoire de l'Orient, fait le commentaire suivant, dans son livre Holy War (La Guerre Sainte) qui traite de l'histoire des trois grandes religions:

... Le mot Islam vient de la même racine arabe que le mot paix et le Coran réprouve la guerre comme un événement anormal contraire à la volonté d’Allah… L'Islam ne justifie pas la guerre ou l'extermination agressive… L'Islam déclare que la guerre est inévitable et parfois une obligation positive pour mettre fin à l'oppression et à la souffrance. Le Coran enseigne que la guerre doit être limitée et conduite de la façon la plus humaine possible.

Quand Mohammed a envoyé Zaid contre les chrétiens à la tête d'une armée musulmane, il leur a dit de combattre pour la cause d’Allah bravement mais d'une manière humaine. Ils ne devaient pas molester les prêtres ni les moines ni les nonnes ni les personnes faibles et impuissantes qui ne pouvaient pas combattre. Il ne devait y avoir aucun massacre de civils. Les Musulmans ne devaient abattre aucun arbre ni démolir un seul bâtiment. C'était très différent des guerres de Josué. (Karen Armstrong, Holy War, MacMillan London Limited, 1988, p. 25)

Après la mort de notre Prophète (pbsl), les Musulmans ont continué à montrer une tolérance et un respect exceptionnels envers les membres d’autres religions. A la fois les Chrétiens et les Juifs ont vécu en sécurité et librement dans les états islamiques. Les Musulmans n’ont jamais été de brandon de discorde dans l’histoire ; au contraire ils ont apporté la sécurité et la paix aux peuples de toute nationalité et foi.

En conclusion, le fondement de la moralité coranique est d’établir la tolérance, la paix et la miséricorde et l’Islam vise à purifier le monde du défaitisme (de la zizanie). Les ordres du Coran et leur mise en vigueur par les Musulmans durant l’histoire sont incontestablement précis et clairs. (Pour des informations détaillées, visiterhttp://www.islamdenonceterrorisme.com/)